En 1963 à Yokohama, la jeune Umi tombe amoureuse d'un lycéen, Shun. Au fil de leur combat commun pour sauver le vieux foyer des étudiants, leur idylle va dévoiler un passé inattendu…
Comme chaque matin, Umi se lève quand tout le monde dort encore dans la grande pension de famille, tout en haut de la colline qui surplombe la baie de Yokohama. Un moment privilégié pour la jeune fille sérieuse, consacré à la confection du petit déjeuner pour toutes les pensionnaires. Mais la journée ne commence pas avant le rituel d'Umi : pour ce père disparu en mer pendant la guerre de Corée, elle hisse chaque matin deux pavillons en haut du mat de la maison. Un cérémonial connu de tous. Ainsi, à son arrivée au lycée, Umi découvre qu'un beau poème lui est consacré dans le journal du lycée. Un poème qui pourrait bien avoir été écrit par Shun. À la tête de la rédaction du journal, ce séduisant lycéen l'attire en dépit de tous ses efforts pour n'en rien laisser paraître… L'inévitable rencontre prend pour décor le Quartier Latin, vénérable et très encombré foyer des étudiants, menacé de disparaître face à la fièvre de reconstruction des années 60. Refusant de voir disparaître ce témoignage du passé, Shun prend la tête de la résistance…Après le beau – mais si court ! – Arietty, cette Colline aux coquelicots nous laisse entrevoir un peu mieux ce que sera Ghibli à l'avenir, entre quelles mains reposera l'héritage de Miyazaki et Takahata, les pères fondateurs de ce monument de l'animation. C'est la seconde fois que Goro Miyazaki relève le terrible défi de suivre les pas de son génial paternel Hayao. Celui-ci l'accompagnant en signant le scénario et en prenant en main « l'organisation », terme flou, mais évocateur de l'emprise du maître sur son univers… Avec son premier film, Les contes de Terremer, Goro avait inévitablement déçu par tout ce qui manquait du savoir-faire de son père : la fluidité de l'histoire, cette fougue écologique, cette touche de magie absolument unique dans la conception des personnages… Adapté d'un manga très populaire au Japon depuis plus de trente ans, La colline aux coquelicots faisait partie des projets de Hayao Miyazaki. Et à la différence de la plupart des contes développés par les studios Ghibli, cette chronique de la jeunesse japonaise s'inscrit très précisément dans son Histoire. En s'attachant à ce morceau d'Histoire, Goro consolide clairement son identité de raconteur d'histoire.
La colline aux coquelicots se déroule en 1963, une période précise et très marquante pour les Japonais. Le pays qui avait été dévasté par la Seconde Guerre mondiale à peine 20 ans auparavant s'est relevé de façon spectaculaire. Porté par les enfants du baby-boom, son essor économique stupéfait la planète, une renaissance qui sera consacrée un an plus tard par les jeux Olympiques de Tokyo. Le pays bouillonne de chantiers de construction et d'optimisme, c'est une période idéale pour évoquer la jeunesse, son énergie et sa passion. L'histoire de Umi et Shun a cela de particulier que dans ce cadre, elle parle du poids et de l'importance d'un passé qu'il faut choyer et non faire disparaître. Frappé par la disparition d'un mentor (Seiichiro Ujiie, producteur de nombreux Ghibli et des Detective Conan) puis par le drame de Fukushima, survenu en plein tournage, Goro confie avoir personnellement éprouvé ce sentiment de perte d'un passé révolu, et en même temps de la chance d'être vivant. Un rapport apaisé au passé et au respect de l'héritage, mêlé d'un optimisme revigorant, qui l'a inspiré pour ce film. Et le résultat est très plaisant. Sur une musique reprenant les tubes de cette époque, l'aventure des deux lycéens amoureux est pleine de tendresse, de fraîcheur, et riche de quelques coups de théâtre qui permettent d'évoquer un passé méconnu chez nous : le sort des orphelins pendant ces périodes de guerre.
L'atmosphère est nostalgique, mais une vraie énergie habite des personnages solides, et l'évocation habile du passé trouve un vrai écho dans les actes de ces jeunes gens qui bâtissent l'avenir. Juste et sans temps mort, consacrant des plages entières à la beauté du quotidien comme savent si bien le faire les productions Ghibli, les studios marquent de leur patte unique certaines scènes épatantes, à l'exemple du grand nettoyage du Quartier Latin. Mais surtout, marquant sa différence en se concentrant sur une intrigue réaliste, Goro Miyazaki reprend une tradition précieusement héritée de son père : aborder des thèmes profonds, souvent graves, mais avec la légèreté d'une histoire rondement menée, porteuse d'un message d'optimisme. Peut-être un peu moins à l'attention des plus jeunes, cette douce chronique de la jeunesse à déguster sans hésiter.
Frédéric Lelièvre
Images
L'avis de CpourlesParents.com

Moins de magie et plus de nostalgie dans ce beau dessin animé qui évoque la jeunesse japonaise de l'après-guerre grâce à des personnages touchants et positifs. Cette histoire très japonaise touchera ado et préa-ados par son intrigue, mais surtout par le savoir-faire des studios Ghibli. S.L.
INFOS :
Dessin Animé
Réalisé par Goro Miyazaki
Durée : 1h31













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